Le projet AgeMotConnect-2026 propose une réponse scientifique majeure au défi du vieillissement planétaire. Alors que la proportion des plus de 65 ans doublera d’ici 2050, la société fait face à une véritable « crise de la motivation » chez les aînés, souvent confondue avec un simple déclin inévitable.


L’épuisement de la volonté : le mécanisme du burnout

Le projet met en lumière un paradoxe : nos environnements modernes exigent une motivation extrinsèque permanente (agir pour une récompense ou par pression sociale). Or, cette forme de motivation sollicite le Réseau de Contrôle Exécutif du cerveau, qui s’affaiblit avec l’âge : le cerveau «sature », provoquant une fatigue profonde, une impulsivité accrue et un risque de burnout ou d’apathie clinique.


La résilience par le plaisir : la collaboration avec l’ICM Paris

Pour dépasser ce constat, l’équipe collabore avec les experts du Paris Brain Institute (ICM), notamment Mathias Pessiglione et Fabien Vinckier. Ensemble, ils utilisent une tâche expérimentale innovante de mémorisation. Les participants doivent apprendre des informations soit en mode « Examen » (motivation extrinsèque avec bonus financier), soit en mode « Entraînement » basé sur leur intérêt personnel (motivation intrinsèque). L’hypothèse est révolutionnaire : si la volonté pure s’épuise, la capacité à se mobiliser par intérêt spontané reste intacte chez les seniors.


La connectomique fonctionnelle : voir le cerveau en temps réel

Pour prouver ce changement de paradigme, le projet utilise l’EEG-fMRI simultanée. Cette technique de pointe combine la précision spatiale de l’IRM (où l’activité se passe) et la vitesse de l’EEG (quand elle se produit). L’objectif est de cartographier la « connectomique fonctionnelle », c’est-à-dire la façon dont les différentes zones du cerveau communiquent entre elles.

Pour obtenir des données fiables chez les seniors — souvent sujets à des micro-mouvements ou des irrégularités cardiaques perturbant les signaux — le projet intègre des fils en boucle de carbone (Carbon Loop Wires). Ces capteurs isolent les bruits parasites pour capturer les rythmes cérébraux purs, permettant de voir comment le cerveau âgé crée des circuits de secours (comme l’axe « hippobellum ») pour compenser ses faiblesses.


Un cap vers de nouvelles stratégies cliniques

Ces découvertes ouvrent la voie à des thérapies inédites pour les maladies d’Alzheimer ou de Parkinson. En comprenant quels réseaux de motivation restent résilients, les médecins pourront proposer des protocoles de rééducation « cognitivement accessibles » fondés sur le plaisir, ou utiliser la modulation pour stimuler les zones de motivation préservées. Ce passage d’une vision du déclin à une vision de la résilience marque une étape décisive pour la santé mentale des aînés.