L’épilepsie est l’une des maladies neurologiques les plus fréquentes, touchant environ 65 millions de personnes dans le monde. Chez près d’un tiers des patients, les traitements médicamenteux ne permettent pas de contrôler les crises ; l’épilepsie est alors dite pharmacorésistante. Dans ces cas, une intervention chirurgicale peut être envisagée, mais son succès dépend fortement de la capacité des médecins à identifier précisément la zone du cerveau responsable des crises, appelée « zone épileptogène ».
Pour cela, les cliniciens utilisent notamment une technique appelée stimulation électrique directe du cerveau, réalisée lors d’explorations par électrodes intracérébrales. Cette méthode permet de tester le fonctionnement du cerveau et, parfois, de provoquer des crises similaires à celles du patient afin de mieux localiser leur origine. Cependant, les réponses observées après stimulation sont très variables et souvent difficiles à interpréter. Elles ne reproduisent pas toujours fidèlement les crises spontanées, ce qui rend la prise de décision clinique complexe et parfois incertaine.
Le projet DECODE vise à améliorer cette interprétation en développant des outils de modélisation informatique du cerveau. Ces modèles mathématiques neuroinspirés permettront de mieux comprendre comment les différentes régions cérébrales réagissent à la stimulation électrique et comment les crises se déclenchent et se propagent. En particulier, le projet s’intéresse à certains signaux cérébraux provoqués par la stimulation, appelés « décharges post-stimulation », dont le rôle reste encore mal compris. Grâce à ces modèles, nous chercheront à distinguer ce qui relève d’un fonctionnement normal du cerveau de ce qui est réellement lié à l’épilepsie.
À terme, ces travaux devraient aider les médecins à mieux identifier les zones à opérer, à réduire les incertitudes dans le diagnostic, et donc à améliorer les chances de succès des interventions chirurgicales. L’objectif final est d’offrir une prise en charge plus précise et personnalisée aux patients souffrant d’épilepsie pharmacorésistante.

